Salam Fayyad, Facebook et la grogne des Palestiniens
Le Premier Ministre palestinien Salam Fayyad a finalement retiré de son profil Facebook la vidéo de la chanson "Dabber halak ya Fayyad" du chanteur Qassem Al-Najar.
La chanson égrènne les revendications qui ont suscité de nombreuses manifestations ces dernières semaines dans les villes de la Cisjordanie : hausse du prix de l'essence et de certains aliments, salaires versés en retard ou en partie seulement par l'Autorité palestinienne à ses fonctionnaires...
"Dabber halak ya Fayyad" peut se traduire par "Débrouille-toi Fayyad". Une façon ironique de retourner à l'envoyeur le sentiment d'abandon que ressentent certains Palestiniens.
Pourquoi Salam Fayyad avait-il choisi de poster cette chanson très critique sur sa propre page Facebook? Par souci de transparence? Parce qu'il a le sens de l'humour? Par pur masochisme? Ou parce que la chanson contenait aussi des couplets très modérés, appelant par exemple les Palestiniens à manifester pacifiquement et à ne pas dégrader les bâtiments publics (à Hébron et Naplouse, certaines manifestations ont tourné à la confrontation avec les forces de sécurité palestiniennes)?
On peut s'interroger aussi sur les raisons qui ont finalement conduit le Premier Ministre à retirer la chanson de sa page Facebook. Peut-être parce qu'elle avait attiré des centaines de commentaires dont une bonne partie demandant la démission de Salam Fayyad?
Rappelons que Salam Fayyad a tenté ces dernières années de batir les institutions et l’économie d’un État palestinien qui n’existe toujours pas. Le Premier Ministre est très apprécié des Occidentaux, de l’ONU, de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International qui ont tous salué son travail. Mais aujourd’hui une parti de la population palestinienne le considère comme le responsable de l’inflation et finalement comme un dirigeant qui perpétue une situation bloquée, sans perspective d’indépendance de l’État palestinien. Ces dernières semaines le portrait de Salam Fayyad a parfois été brulé dans les manifestations contre la vie-chère en Cisjordanie.
Relevant Content
En quelques mots
C’est un oranger à Jérusalem. Qui l’a planté ? Qui en récoltera les fruits ? Le blog de Nicolas Falez, correspondant de RFI en Israël et dans les Territoires Palestiniens.

L'auteur
Journaliste à RFI depuis 2000, Nicolas Falez devient correspondant à Jérusalem en 2010.
Sur Twitter : NicolasFalezRFI



0 Commentaires
Poster un nouveau commentaire